Démontagner
de
L’auteur, Maxime Cain, met en scène en particulier un berger, rustre, solitaire, en adéquation avec les reliefs qu’il parcourt. A chaque saison, il se rend dans un très modeste abri et s’occupe de huit cents brebis. Le dessin en noir et blanc, la fulgurance du trait, les silhouettes, les montagnes esquissées et l’ambiance empreinte d’une grande authenticité déconcertent pour qui lit Démontagner. On est impressionnés par l’humilité du héros, par sa connaissance des lieux, et surtout par son amour du troupeau ; il se souvient des brebis qui ont disparu dans des conditions tragiques, il les reconnaît, les nomme comme des amies, il les cherche quand certaines se sont égarées. Cette tranche de vie consacrée à la montagne, aux brebis, à la transhumance se révèle émouvante et immersive. Quand le berger démontagne à la fin, qu’on lui demande s’il reviendra à la saison prochaine et qu’il ne répond pas, on n’a pas envie de le quitter…
par Rémi